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Réflexions sur la convention du Parti Socialiste Européen à Bruxelles – 25.11 et 26.11 2011

Shayn McCallum est le responsable du groupe activiste PES (Parti Socialiste Européen) à Istanbul. Trilingue (anglais, français et turc), il est membre du parti travailliste irlandais et du parti socialiste français. De nationalité australienne et résidant à Istanbul où il enseigne l’anglais, il écrit actuellement une thèse sur la social-démocratie.

Présent lors de la convention historique du Parti Socialiste Européen à Bruxelles jeudi 25 et vendredi 26 novembre 2011, Shayn a représenté notre groupe activiste PES d’Istanbul.

 

La convention historique du Parti Socialiste Européen qui s’est réalisée à Bruxelles le Jeudi Novembre 25 et Vendredi Novembre 26 était un évènement important pour le mouvement socialiste et social-démocrate européen pour de nombreuses raisons. Parmi les plus importantes, cette convention s’est déroulée dans une période de crises ; pas seulement la crise financière qui menace l’intégration et stabilité de l’Europe mais aussi la crise parallèle politique qui menace l’avenir de la social-démocratie et, éventuellement, la démocratie elle-même.

L’atmosphère de la convention, particulièrement parmi les leaders, était empreinte de  détermination face au combat qui approche et même un sort d’optimisme malgré les difficultés immenses qui attendent la gauche avec les échecs politiques récents, en Grèce et en Espagne en particulier.   En général, il est clair que les leaders de la Gauche ont compris (bien qu’il semble que ça arrive un peu en retard) que le projet lancé dans les années 1980, par les néolibéraux comme Thatcher et Reagan, d’un marché lâché et libéré des anciennes régulations qui était l’héritage du modèle social-économique, plus ou moins orienté vers la social-démocratie, dominant après la deuxième guerre mondiale, est maintenant en train de menacer les derniers vestiges d’une démocratie déjà affaiblie.  La chute du gouvernement grec, et les explications de cet évènement tragique offertes par George Papandréou, démontrant d’une façon exemplaire l’inaptitude totale des politiciens incapables de protéger le peuple qui les avait élus, est enfin un symbole d’une révolution ténébreuse des forces néolibérales contre les victoires sociales des peuples européens et leur lutte historique pour une société plus juste, plus égale et plus démocratique.

La convention, précédée par un conseil ou notre ancien président, Poul Nyrup Rasmussen, a passé le relais au nouveau président, Sergeï Stanichev, ainsi qu’une déclaration de principes communes était formellement adoptée, était divisée en ateliers communs suivis par des conversations dans la grande salle avec les leaders.  Les conversations des leaders étaient informées par les rapports soumis à la fin de chaque atelier.  Les thèmes de la convention étaient ; une économie juste, une bonne société, une société démocratique et une société égale avec tous ses thèmes débattus dans les ateliers, ouverts à tous les participants et conduits souvent par les représentants des organisations civiles autant que les partis de la gauche, et puis résumés et développés dans les sessions plénières par les leaders.  Il est assez clair que les partis de Gauche s’efforcent à développer des liens plus profonds avec les organisations sociales et civiles orientées à Gauche.  L’atmosphère général était d’une détermination de refonder la Gauche dans un contexte politique plus large, plus informé et, enfin, plus démocratique.

Bien sȗr, comme avec toutes les entreprises conduites par les organisations larges comme le PSE, il y avait des critiques et plaintes exprimées par plusieurs groupes et individus présents à la convention.   Il y avait des accusations d’un manque de consultation suffisante, que les ateliers soient insuffisants et que l’accent soit trop mis sur la direction des élites et fonctionnaires des partis et que les discussions avec les représentants des organisations civiles soient trop limitées avec un soupçon de « création d’image ».   Un représentant espagnol de « los indignados » invité à parler dans la grande salle à l’assemblée générale des participants de la convention a illustré ces doutes d’une façon outrée, car il a critiqué avec une force et véhémence imprévu et assez gênante, le PSOE d’Espagne et la social-démocratie en général.  Ceci était peut-être la seule maladresse de la part de l’organisation mais elle a exposé quelques uns de nos problèmes quant au projet d’attirer la participation et le soutien politique d’une nouvelle génération en train de se radicaliser mais impatiente et méfiante aux forces traditionnelles de la Gauche.

Après les changements et transformations profondes que le néo-libéralisme a réussi d’imposer sur la culture populaire et les résultats qui sont une culture même apolitique, même cynique avec une peur d’organisation et un égoïsme quasi-anarchiste, les approches classiques du socialisme traditionnel sont confrontées d’un nouvel individualisme avec lequel il faudra nous engager si nous voulons continuer à nous développer comme une vraie force politique viable dans le futur.  Ça implique un changement de tactiques pour regagner le respect et la participation, particulièrement de la jeunesse. Une partie de jeunesse considère les socialistes comme, sinon exactement l’ennemi, au moins  sans rapport et démodés.  Pour le futur de la Gauche, il est essentiel que nous apprenions aussi vite que possible à regagner  la confiance et l’imagination des forces qui devraient être nos alliés les plus proches.

Peut-être provoqué par les accusations du jeune indigné, le secrétaire du PSE, Martin Schulz a donné un discours passionné à la fin de la convention ou il défendait les traditions radicales et anticapitalistes de la social-démocratie.  Avec une vraie véhémence impressionnante,  Genosser Schulz nous a rappelé les raisons pour lesquelles nous sommes de la Gauche et pour lesquelles nous continuons à lutter.  L’énergie et l’optimisme dominaient enfin et l’impression finale était qu’une bataille historique avait commencé et que nous étions prêts à faire ce qu’il faut faire pour refonder la politique et regagner la démocratie pour le peuple d’Europe, contre les intérêts du capital financière.

La situation actuelle de la Gauche européenne  reste grave sans doute et la tâche à laquelle nous sommes confrontés est grande.  La convention a fourni une étincelle d’espoir mais en même temps a démontré la magnitude de ce qu’il faut faire pour nous préparer pour le combat.   Certainement, il ne suffira pas si nous ne faisons qu’élire des gouvernements de Gauche bien que ce soit une avancée, parce que le vrai pouvoir ne se trouve plus aux mains des gouvernements élus mais plutôt aux mains des marchés.   Pour changer ça, nous aurons besoin d’une politique courageuse et combative et, surtout, unifiée.  Les leçons de Grèce, de l’Espagne, du Portugal, et aussi de l’Italie bien que ce soit un gouvernement corrompu de Droite qui a été bouleversé, nous enseignent que le temps des solutions exclusivement nationales sont loin dans le passé.  A partir de ce moment, l’avenir de la social-démocratie sera européen ou ne sera pas du tout.  Les discours des leaders et les militants du PSE ont rassuré sur le fait que ces leçons ont été apprises et comprises.  Il faut espérer que la leçon n’est pas venue en retard.

La Gauche n’a plus le luxe de rester divisée ou creusée dans les débats stériles qui nous ont privé de tant de temps et d’énergie par le passé. Quelque chose bouge et il faut que nous soyons prêts.  La Droite profite de la même crise qu’elle a créé elle-même.  Elle exploite la peur des citoyens et l’incompétence des gouvernements qui est, en fait, l’incompétence de la politique démocrate elle-même, pour créer une espèce de désespoir et de méfiance à la politique en général, dont la Droite profite par défaut.  Cette convention était un cri de guerre, un appel aux socialistes et sociaux-démocrates de s’unir avant qu’il ne soit trop tard.  On va voir si cet appel a été bien entendu ou pas dans les mois qui viennent.

 Shayn McCallum

A MESSAGE FROM THE PES CONVENTION
The PES convention, a historic gathering of socialist/social
democratic activists and leaders, is over.  At the end of it all, the
feeling is both one of hope and of urgency at the enormity and
difficulty of the task ahead.   The testimony of fallen leaders such
as George Papandreou underlines the desperation of the times we are
living in and forces even the most complacent among us to sit up in
alarm and acknowledge that we are entering the last stages of a long
counter-revolution against the achievements of post-war social-
democracy.
However, we need to be honest and start with a big “mea culpa” before
proceeding.  The truth is, social democrats have not just been the
victims of a creeping coup by the markets against the efficacy of
democracy, they (we) have, at times, been active collaborators in this
process of marketization.
I hesitate to throw accusations of betrayal or stick “Quisling” labels
on the foreheads of past leaders or call for some cathartic act of
repudiation, this would be unfair.  After the conservative (really
free-market radical) onslaught of the 1980’s and the ideological
confusion brought on in the liberal intellectual war on socialism
after the collapse of the counterfeit “real” socialism of Eastern
Europe and the USSR, the belief, that so many of our comrades took on,
that all illusions in an alternative society must be shelved is
absolutely understandable even if tragically mistaken.
Martin Schulz, in his fiery closing remarks at the PES convention,
reminded us electrifyingly, in a way that many of us have been longing
to hear from our leaders, that we are socialists after all and that
socialism remains, at its core, the opposite of capitalism.
Capitalism means the rule of capital, socialism means the
subordination of the economy to the social through the mechanism of
democracy.  We are seeing more clearly than ever that these two
approaches are irreconcilable opposites.
This, of course, does not mean that there is some prescriptive model
of socialism which we are attempting to impose as an alternative to
the rule of capital, rather it means that we need to work to create
new, flexible and open-ended systems of empowerment through which
people can take back control of their lives collectively and
individually.
Some comrades in the social-democratic movement prefer to speak of a
“decent capitalism”.  The remedies they propose to the situation we
are in are both reasonable and eminently supportable as a start
towards a transformation of our societies.  I do not disagree
fundamentally with their proposals but I object to the label.  By
using the label “capitalism”, even “decent capitalism”, we are
symbolically agreeing to be limited to the terrain in which our
enemies are sovereign.  They have their Hayeck to hurl in our faces.
“Decent capitalism” seems timid and unambitious as a label.  Worse,
who is it targeting?  It seems like an attempt to win over or plead a
case before those forces least interested in decency.  The logic of an
unfettered market is intrinsically indecent.
If, to reassure a fearful populace, we wish to emphasise our
constructiveness, the fact that we are seeking to preserve what is
good in what we have built over history, we need to focus not on the
repugnant economic system which has always worked against us but on
our greatest achievement, which is democracy.  We must stress that we
want a social and democratic economy.  Such an economy, whilst against
the rule of capital, is not intrinsically against business or well
regulated markets, indeed, nothing has been as bad for most businesses
as unfettered capitalism which unleashes destruction on small and
medium-sized enterprises especially (not necessarily Schumpeter’s
“creative destruction” either).  We must be bold enough, as social-
democrats, to clearly state that we are for the rule of people (i.e.
democracy) and opposed to the rule of capital (i.e. capitalism).
Arguments that there are a “good capitalism” and a “bad capitalism”
seem naïve and confused and are portrayed as such by our enemies.
The PES convention demonstrated that social-democracy is indeed alive
in the 21st century and that it is still capable of producing
inspiring ideas and leaders.  Now it is time to be both brave and
clear.   Timid half-measures or a shame-faced socialism not only fail
to convince voters, they allow our enemies to walk all over us.  We
must become the bold, uncompromising defenders of the sovereignty of
the people in the face of the arrogance of capital.  We should be
clear also in naming our enemy; our opponents are not conservatives,
they are neo-liberal revolutionaries standing for the rule of the few
over the many and it is now the task of socialists and social-
democrats to do what needs to be done to reassert the rights of the
many over the arrogance of the few.

Shayn McCallum

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