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Daphna Poznanski dans le petit journal

Écrit par Anne Andlauer

Daphna Poznanski, candidate du Parti socialiste (PS) pour la 8ème circonscription des Français de l’étranger* aux élections législatives de juin 2012, effectue une visite d’une semaine en Turquie. Après Izmir et avant Ankara, elle s’est arrêtée à Istanbul et a répondu aux questions du petitjournal.com

Daphna Poznanski dans le jardin du Consulat de France à Istanbul, photo AA.

Lepetitjournal.com d’Istanbul : Pourriez-vous d’abord vous présenter en quelques mots ?
Daphna Poznanski
: Je suis juriste, consultante juridique à Tel Aviv (Israël). Je vis à l’étranger depuis 32 ans. J’ai une formation de juriste en droit public, mes spécialités étant plutôt le droit administratif, le droit budgétaire et le droit constitutionnel. Je suis élue depuis 12 ans par les Français d’Israël pour les représenter à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE). En 2009, je suis devenue vice-présidente de la commission des lois à l’AFE et, en 2011, vice-présidente de l’AFE.

En quoi êtes-vous légitime pour représenter les Français de l’étranger vivant dans la 8ème circonscription ?
Vingt ans de travail pour les Français de l’étranger. Vingt ans aussi de pratique de la politique française, de connaissance des rouages de l’administration. Je suis issue de cette circonscription et cela ne me serait pas venu à l’esprit de me présenter ailleurs. J’ai horreur des parachutés.

Qu’est-ce qui changera en juin 2012, quand les Français de l’étranger auront des députés à l’Assemblée nationale ?
On va entrer dans le concret. Deux millions et demi de Français vivent à l’étranger. Actuellement, nous sommes représentés par 155 conseillers à l’AFE, une assemblée consultative qui fait remonter nos problèmes vers les 12 sénateurs des Français de l’étranger. A partir de ce moment-là, on passe dans “l’espace intersidéral”. Personne ne reprend nos problèmes car nous n’avons personne à l’Assemblée nationale où les lois doivent aussi être votées. Donc généralement, on est oublié. Prenez par exemple la loi de 2005 sur le handicap : la France peut s’enorgueillir de cette loi mais malheureusement, elle ne comporte pas trois mots qui nous désignent, nous les Français de l’étranger. Comme s’il n’y avait pas de handicapés à l’étranger… Donc soit on est oublié, soit on viole nos droits, car les députés n’ont pas la moindre idée de ce que vit un Français de l’étranger. Le débat sur la binationalité l’a bien montré.

Sur votre site internet, vous écrivez que les droits des Français de l’étranger sont “menacés”. A quoi faites-vous référence ?
A la binationalité, à la fiscalité, à la francophonie, par exemple. Nous sommes en plein repli. J’étais en décembre avec le directeur des Affaires financières du Quai d’Orsay, qui m’a communiqué des documents et qui a ensuite parlé à la tribune de l’AFE. Il y a avoué que le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, s’interrogeait sur l’universalité du réseau culturel français. En langage courant, cela veut dire que des instituts culturels vont fermer. On a donc intérêt à avoir un ou une député(e) qui défendra nos droits. La francophonie, c’est aussi l’enseignement. L’UMP se gargarise d’avoir établi la gratuité de l’enseignement français pour les classes de seconde, première et terminale dans le réseau des établissements français à l’étranger. Mais il faut savoir que dans les documents qui m’ont été communiqués en décembre, face à la ligne budgétaire “prise en charge”, il était écrit “moins 23 millions et demi d’euros”. Cela signifie qu’à l’horizon 2012-2013, la prise en charge n’est plus budgétée. Selon moi, il faut modifier les critères de bourse pour que les classes moyennes puissent les recevoir, et pas seulement les classes modestes, et que ceux qui ont des grands revenus fassent un effort, sinon personne n’aura rien.

La France à l’étranger, ce sont aussi des entreprises. Vous trouvez “injuste” que “les grandes entreprises (soient) plus aidées à l’international par les pouvoirs publics et paient moins d’impôts que les petites et moyennes entreprises” (PME). Vous dites vouloir aider ces PME. Comment ?
En 2005, un dispositif très intéressant a été inventé. Il donne une aide aux créateurs français de PME à l’étranger. On a besoin de ces PME et je voudrais que ce dispositif, qui ne s’applique qu’à 11 pays (dont aucun dans notre circonscription), soit appliqué à tous les pays.

Quels sont vos liens avec la Turquie et que pensez-vous de l’état actuel des relations franco-turques ?
Ma belle-fille est originaire d’Istanbul, par son père. Je suis venue en Turquie il y a une trentaine d’années et j’ai adoré ce pays. J’aime son art, sa littérature. Je suis consternée par l’état actuel des relations franco-turques. Depuis cinq siècles, c’est la première fois que la France officielle n’est pas en phase avec la Turquie officielle. Je ne comprends pas l’attitude du Président de la République. Dernier exemple : la loi Boyer (pénalisant la négation des génocides reconnus par la France, ndlr). On ne peut m’accuser d’être pour le moindre massacre ou génocide, deux membres de ma famille sur 700 ont survécu à la Shoah. Mais si j’avais été députée, je n’aurais pas voté ce texte, que je juge anticonstitutionnel. Et si je suis élue, je m’inscrirai immédiatement au groupe d’amitié France-Turquie.

Propos recueillis par Anne Andlauer (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 16 février 2012

*La 8ème circonscription des Français de l’étranger comprend les pays suivants : Chypre, Grèce, Israël, Italie, Malte, Saint-Marin, Saint-Siège, Turquie
Le site internet de Daphna Poznanski-Benhamou : www.daphnapoznanski.com

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