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Point sur la situation en Turquie de la section PS Istanbul

Quelques infos et chiffres tous non officiels  (12  juin):

– Nuit d’affrontement (11 au 12 juin) à Istanbul et reprise par la force de la place Taksim, la veille de la rencontre entre Erdogan et des représentants du mouvement (représentants sélectionnés par Erdogan…). L’occupation du parc gezi continue.

– 5 morts (4 manifestants et 1 policier) et 5567 blessés selon les syndicats de médecins.

2567 personnes arrêtées dans 78 villes dont 7 étrangers (2 Françaises).

– L’utilisation d’un stock de gaz lacrymogène prévu pour 20 ans en 36 heures selon le CHP.

48 personnes ont été arrêtées pour avoir répandu sur Twitter des « informations trompeuses et diffamatoires », selon l’agence Anatolia.

– grève générale le 5 juin lancée par les confédérations syndicales DISK (privé) et KESK (public).

– une censure de la presse et des médias turcs (vidéo), lisez l’article de courrier international.

– ambiance festive quotidienne dans le parc gezi et sur la place taksim à Istanbul en vidéo  pendant les 12 jours d’occupation.

– un néologisme ‘çapulcu’ ou ‘chapouleur’ ou encore ‘tchapouleur’ (en anglais chapuling) suite au discours d’Erdogan qualifiant les manifestants de ‘çapulcu’ (= pillard ou vandale).

 excellent dossier sur France Culture du 5 juin: une révolte ou une révolution ?

 

Né vendredi 31 mai 2013 sur la place de Taksim, à Istanbul, le mouvement de contestation  ne cesse de se développer dans toutes les agglomérations urbaines de Turquie. D’horizons idéologiques différents ou plutôt au-dessus des idéologies, et unie par la seule opposition au gouvernement la masse de protestataires est essentiellement civile. Son indépendance vis-à-vis des partis politiques et sa nature hétérogène rend la protestation moralement plus crédible.

 

Le mouvement de protestation n’est nullement guidé, coordonné ou orienté. Il ne vise aucune finalité politique. Il tend plutôt à exprimer le ras-le-bol de la classe moyenne a haut niveau d’éducation et de la jeunesse urbaine. Toutefois Erdogan ne semble toujours pas comprendre le sens de la contestation et accuse le CHP et les extrémistes d’organiser la protestation. Il continue de s’appuyer sur la masse silencieuse de ses électeurs et menace les contestataires de les mobiliser dans la rue contre eux le moment venu. Il est clair que c’est une attitude absolument irresponsable de la part d’un premier ministre. Il ne cède pas non plus sur l’objet initial des manifestations, à savoir la construction d’une énorme bâtisse à visée commerciale sur la place Taksim. Heureusement qu’il y a des dirigeants doté de bon sens et moins obtus que le premier ministre, même au sein du parti du gouvernement. Ces derniers pourraient profiter de l’absence d’Erdogan due à sa visite officielle sans les pays d’Afrique (y compris la Tunisie où il pourrait tenter de s’informer sur le sort de Ben Ali) pour calmer les esprits.

 

Tout ce que l’on peut prédire des maintenant, c’est que le rêve d’Erdogan de devenir le premier « Président de Turquie » élu au suffrage universel est en passe de devenir impossible. Et qui sait, le jour du 31 Mai aura peut-être marqué la fin du règne d’Erdogan et de son parti.

 

Aydın CINGI

 

NB : le mouvement de contestation civil devrait prendre garde à la provocation organisée par certains extrémistes irresponsables voire par la police secrète elle-même.

 

 

La société civile turque témoigne massivement son ras le bol d’une politique menée par un gouvernement incapable de comprendre ce qui se passe dans le pays. Fort d’une majorité politique obtenue sur des programmes ambigus et d’une croissance économique qu’il pense l’exonérer de tout dialogue ou écoute, Tayip Erdogan s’enlise dans une obstination aveugle qui sera probablement lourde de conséquences. Partout la population urbaine descend massivement dans les rues. Nous assistons à la naissance d’une nouvelle génération née de la contestation d’une politique sourde aux revendications d’une jeunesse instruite, mondialisée et moderne. Probablement le mouvement sera appelé à durer tant l’incompréhension entre le gouvernement turc et la jeunesse est abyssal.
L’ambiance est à la contestation festive sauf lors des provocations disproportionnées des forces de l’ordre par l’utilisation massive de cannons à eau et de gaz lacrymogène, au point où les résidus de ceux-ci s’infiltrent jusque dans le métro et les habitations de l’ensemble du quartier de Taksim. Les provocations faciles se comptent en nombre.

 

Dans ce contexte la jeunesse se comporte de manière remarquablement responsable, pas de casseurs, d’extrémistes ou autres agitateurs.
Les organisation politiques et syndicales sont à la traine et incapables de présenter un discours alternatif crédible.
La question qui se pose dorénavant est de savoir comment cette expression populaire pourra se concrétiser et s’organiser à l’avenir.
La section PS d’Istanbul, solidaire avec les revendications de la jeunesse turque, s’associe aux demandes d’arrêt des violences et demande que le gouvernement prenne toutes les dispositions nécessaires pour établir une concertation sérieuse et constructive.
Candidate à l’entrée dans l’UE, la Turquie ne plaide pas pour sa cause par des comportements indignes de toute démocratie.

 

Marie-Rose KORO

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